📍 ///successfully.clerics.mountains
La nuit était top, malgré les différentes choses en tête. En premier lieu : est-ce qu’on va pouvoir rejoindre Seydisfjördur et attraper le ferry ? Sans ça, c’est comme les dominos… rien ne va plus, tout se dérègle. Et on n’ose pas y penser.
Il faut une solution. Je pars à la recherche d’un mécano. Gabrielle reste à la guesthouse peindre.
Trois garages en ville, je devrais bien en trouver un qui diagnostique tout ça. Aucun lien entre la courroie et les freins : on est sur une coïncidence inouïe. Mais tout de même, c’est étrange. Le premier est surbooké, le deuxième aussi, le troisième… personne, ni au garage ni au téléphone. Pas top.
Au moins, ce matin je n’ai eu qu’une panne. Et en jouant du frein moteur et du frein à main, j’arrive à peu près à avancer.
Je contacte mon assurance : nouveau plan. Je mets la voiture sur le ferry, direction le Danemark, et là-bas on rouvre un dossier, on organise rapatriement, location, tout le patacaisse. Ça semble possible.
Reste un détail. Comment passer le col entre Egilsstaðir et Seydisfjördur… sans freins ? La montée, ça va. La descente à 10% ? Beaucoup moins.
Je tente un essai à blanc aujourd’hui. En haut du col, je comprends enfin l’expression « on ne voit pas à 2 mètres ». Et encore, je suis généreux. Collé au pare-brise, je cherche les centimètres. La descente comme prévu, pas fou : le moteur hurle, je joue du frein à main. Finalement, pas si mal ce brouillard, au moins je ne vois pas où je vais finir si je me rate.
Arrivé sans trop de peine à Seydisfjördur, je repars direct : demain il faudra être prêt.
Sur le chemin du retour, je commence à penser au Danemark, aux affaires qu’il faudra porter sur notre dos entre trains et bateaux… quand soudain : nouvelle panne. Immobilisé au bord de la route. Pas de pluie, pas de vent, pas de brouillard. Du réseau, au moins. Mais appeler l’assurance, on sait ce que ça vaut.
Hop, triangle de panne, gilet orange, je sors le cric. Est-ce que ce sont les roues arrière, ou seulement les avant, qui bloquent ? Un 4×4 s’arrête : le conducteur insiste pour m’aider. Il connaît quelqu’un dans un garage. Il part, et je continue mes tests… et là, il revient : il m’a trouvé le meilleur mécano d’Islande. Si lui ne peut pas réparer, personne ne peut. Je lui offre mon couteau suisse en remerciement. Il n’imagine pas ce qu’il vient de faire.
Jonas, le mécano providentiel, regarde vite fait, me demande de ranger le cric et le triangle, et me dit de le suivre au garage… sans freins. Là, il lève la voiture, se glisse sous les pédales… et ressort un écrou entre ses doigts. Le coupable.
Un écrou qui s’était glissé jusqu’au piston du maître-cylindre, bloquant la pression aléatoirement. La panne à 20 centimes.
10000 ISK plus tard, tout est réglé.
Je rentre à la guesthouse avec un peu de légèreté retrouvée.
La suite… plus tard.
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